Calcutta s’offre un bol d’air avec le retrait des véhicules les plus polluants
le 12/8/2009 à 18h05
par Mike Alvarez
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Depuis le 1er août, les véhicules commerciaux vieux de plus de 15 ans n’ont plus le droit de circuler dans Kolkata (Calcutta). Cette décision de la Haute cour locale ravit les associations écologistes mais les opérateurs de rickshaws, bus privés et taxis, affectés par la mesure, contestent la décision par tous les moyens possibles.
Un souffle
d'air frais balaye la ville de Kolkata depuis une dizaine de jours. Avec le
retrait de la circulation des véhicules commerciaux les plus anciens, les
riverains ont vu la qualité de l'air s'améliorer considérablement, à en croire
les chiffres.
Une étude de
l'organisation non-gouvernementale Saviour and Friend of Environment (Safe)
faisait état d'une réduction de moitié des niveaux d'hydrocarbures,
responsables de maladies du foie, des reins et de cancers, dans le centre de
Kolkata. Cela dès le lendemain de l'entrée en vigueur de l'interdiction. Les
particules en suspension, principale cause des maladies respiratoires dont
l'asthme, auraient aussi chuté de moitié. "Le niveau de pollution à
Kolkata n'a jamais été aussi bas en vingt ans", constate Sudipto
Bhattacharya, un des responsables de Safe.
Si la
différence dans la qualité de l'air n'est pas encore palpable au nez, la
circulation dans la ville s'est nettement améliorée. Ruvani Desgupta,
étudiante, raconte qu'il lui fallait au moins une heure pour se rendre à
l'université. "Maintenant, je fais le trajet en quarante
minutes", se réjouit-elle. "Je gagne du temps et en plus,
avec moins d'embouteillages, il y a moins de vapeurs toxiques à
respirer"
En revanche, il
est beaucoup plus difficile pour les habitants de se déplacer. "Il
arrive parfois que les gens se poussent pour pouvoir rentrer dans un
rickshaw", relate Ruvani Desgupta. Pour l'instant, les chauffeurs
n'ont pas augmenté leurs tarifs. Seuls les taxis sont plus chers, d'une roupie
environ (1,4 centime d'euro).
La population
reste mitigée, mais les militants écologistes savourent. Ils avaient saisi la
Haute cour de Kolkata eux-mêmes afin d'interdire la circulation de véhicules
commerciaux de plus de 15 ans. En juillet 2008, elle a accepté la requête, au
grand dam des opérateurs de transports privés.
Les syndicats
de rickshaws, de taxis et de bus, ainsi que le lobby industriel ont contesté la
décision devant la Haute cour et même devant la Cour suprême indienne. Ils ont
échoué à chaque fois, jusqu'à présent. Lundi, ils ont même essuyé un double
revers de la part de ces institutions.
Ils continueront cependant à s'opposer par
tous les moyens à cette décision qui leur coûte très cher. On estime que
l'interdiction touche environ 4.000 bus privés, 6.800 taxis et plus de 95% des
rickshaws de l'agglomération de Kolkata. De très importantes grèves ont eu lieu
en janvier et en juillet, rendant les déplacements quasi-impossibles.
La voie légale
semble néanmoins être privilégiée, car il n'y a que la Haute cour ou la Cour
suprême qui pourrait défaire le jugement. Le gouvernement de Bengale-Occidental
est contraint à appliquer la mesure, sans pouvoir s'exprimer dans l'affaire. Il
a simplement obtenu un sursis de sept mois pour les transporteurs, qui a pris
fin au 31 juillet.
"Le
gain de temps aurait pu être mis à profit pour renouveler le parc de bus
publics pour palier le retrait de tant de véhicules privés", regrette Anumita Roy Chouthury, directrice
associée au Centre of Science and Environment (CES), organisation qui milite
pour réduire la pollution en Inde. "Surtout que les États bénéficient
de fonds à cet effet grâce au programme national de régénération urbaine
Jawarharlal Nehru", ajoute-t-elle.
En attendant
que pouvoirs publics et entreprises trouvent le moyen de rendre les transports
publics plus faciles à Kolkata, les riverains apprécieront de respirer un air
plus pur. "Cette ordonnance a le mérite de protéger la santé des
habitants de Kolkata", fait valoir Anumita Roy Chouthury. "Et cela, c'est
le plus important"
CalcuttaEnvironnementTransportJustice
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