La mobilisation du gouvernement et des ONG dans la lutte contre le sida ces dernières années a contribué à une prise de conscience progessive en Inde, où 2,5 millions de personnes sont infectées par le virus.
L'Inde n'était
pas en reste mardi, pour marquer la journée mondiale de lutte contre le sida. A
New Delhi, la présidente du parti du Congrès Sonia Gandhi et la ministre des
transports ferroviaires Mamata Banerjee ont assisté au départ du Red Ribbon
Express, à la gare Safdarjung de la
capitale indienne. Initiative conjointe de l'Unicef et du gouvernement fédéral,
ce train parcourra l'Inde pour la deuxième année consécutive afin de
communiquer sur le sida et les moyens de prévention du virus.
Plusieurs joueurs
de cricket indiens ont appelé à une prise de conscience au soutien de la "communauté
internationale" de ce sport, qui fait l'objet d'un véitable culte en Inde. Des manifestations
ont également été organisées dans plusieurs Etats indiens par des ONG, avec le
soutien des gouvernements locaux.
Si le sida reste
mal perçu et souvent considéré comme honteux, les mesures de prévention et de
recencement ont augmenté en Inde, où la lutte contre le sida s'est intensifié
ces dernières années et les mentalités commencent à évoluer (cf. vidéo).
"Les jeunes sont beaucoup
mieux informés qu'il y a dix ans concernant le sida. Il y a une augmentation du
nombre de centres de depistage et les données sur la propagation du virus en
Inde sont beaucoup plus précis", estime Anuradha Mukherjee, directrice des
programmes à la fondation NAZ, une des principales ONG indiennes dédiées à la
luttre contre le sida.
En plus des
campagnes de prévention du gouvernement, de nombreuses initiatives à l'échelle
locale ont vu le jour, en particulier dans les grandes villes indiennes.
Un projet de loi
qui vise à protéger les personnes atteintes du virus du sida et à freiner sa
propagation sera bientôt présenté au Parlement, a annoncé vendredi dernier le
député Georges Fernandes. Un soulagement pour les associations de lutte contre
le sida qui font pression sur le gouvernement afin qu'il soumette ce projet de
loi depuis sa rédaction en 2006.
Selon un rapport
de l'Onu (UNAIDS) datant de 2008, près de 2,5 millions d'Indiens sont atteints
du virus du sida, dont 40% de femmes et
4% d'enfants. Dans 85% des cas en Inde, la contraction du virus serait liée à
des rapports sexuels non protégés, selon la NAZ foundation.
Le gouvernement
indien est entré en 2007 dans la troisième phase de sa campagne de lutte contre
le sida, lancée en 1992. Il est désormais question de mettre l'accent non
seulement sur la prévention, mais aussi sur de nouvelles stratégies de
traitement et de soins aux personnes séropositives.
Selon l'agence
gouvernementale américaine USAID, le gouvernement de Manmohan Singh a déboursé
204 millions de dollars pour la luttre contre le sida en 2007 contre 58
millions en 2003. Environ 10% des personnes atteintes du sida auraient bénéficié
d'un traitement anti-rétroviral (ARV) en
2006, d'après USAID. Le gouvernement indien s'est par ailleurs fixé pour
objectif de fournir des ARV à 300 000 malades supplémentaires d'ici 2011.
Le Tamil Nadu, le
Maharashtra, le Karnataka, le Manipur, le Nagaland, l'Andhra Pradesh et Delhi
sont les Etats indiens les plus touchés par le virus.